Artline Discovery - 08/03/2022

Faire de sa passion son métier : rencontre avec Déborah, Game Artist

Nous avons rencontré Déborah, mentor Artline spécialisée dans le Game Art, le Concept Art et l’illustration. Elle nous a parlé de son parcours d’artiste, de ses inspirations, du fait d’être une femme dans le monde des jeux vidéo et nous a donné quelques précieux conseils pour se lancer dans cette industrie qui en fait rêver plus d’un.e.

Comment devenir Game Artist (mais pas que !) 

Déborah a 32 ans et se décrit comme une artiste polyvalente, un véritable couteau suisse qui touche à de nombreux domaines de la création numérique. « Je suis concept artiste, illustratrice et graphiste aussi - même si, en ce moment, j'évolue beaucoup plus dans les domaines du concept art » dit-elle. « J'ai également la chance d'être mentor à l’Institut Artline. J'ai eu l'occasion de travailler avec de nombreuses classes différentes et j’aime beaucoup cette aventure ! »

Comme bon nombre d’artistes, la passion pour le dessin et la création fait partie du quotidien de la créatrice depuis son plus jeune âge. Si elle affirme avoir « toujours dessiné », elle a tout de même changé plusieurs fois de parcours avant de trouver la voie qui lui correspondait. « J'ai toujours eu envie de faire une école d'art mais mes parents n'étaient pas certains qu’il y ait des débouchés. J’ai donc commencé par une prépa qui ne m'a pas plu du tout, pour ensuite me lancer dans une école de cinéma d'animation. » Malgré un intérêt certain pour la discipline, la pédagogie de l’école ne lui convient pas et elle décide de terminer son cursus à l’ISART Digital, en se spécialisant dans le Game Art.

À la suite de ces études, elle s’essaie à la VFX et travaille pendant quelque temps au sein d’une entreprise dans le domaine des serious games, avant de décider de se mettre à son compte. Aujourd’hui freelance depuis 2014, elle exerce et s’épanouit dans de nombreux domaines : « J’ai fait du graphisme, de l’édition, de l’illustration de couvertures de livres… J’ai fait du jeu vidéo, des jeux mobiles, des illustrations pour des jeux de société et j’ai aussi travaillé sur du packaging… En ce moment je travaille sur Let's Play Cloud, un projet digital innovant à des fins de formations, avec de nombreux partenaires importants. » Elle ajoute : « On utilise des codes de jeux récents pour vraiment sortir du serious game classique et faire quelque chose de plus crédible, plus actuel. »Prenez rendez-vous avec un conseiller !

Trouver l’inspiration quand on est Game Artist

Quand elle parle de ses inspirations, Déborah parle avant tout de son père. « Je pense que c’est dans les gênes, c’est plus fort que nous » s’amuse-t-elle. Bercée par l’univers Walt Disney mais aussi celui des mangas, l’animation fortement influencé sa jeunesse. « J’ai toujours aimé créer, » ajoute-t-elle. « Je ne faisais pas que du dessin, je faisais aussi de la construction et des maquettes avec mon père, et du bricolage, beaucoup ! »

« Comme je suis assez introvertie, c’est dans le dessin que je me sens le mieux. Je suis toujours active avec le dessin, c’est quelque chose qui me permet de communiquer, d’exprimer des choses… »

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© Deborah Ouelle

Éternelle touche à tout, elle puise l’inspiration dans tous les domaines de sa vie. Elle cite néanmoins comme influence le jeu Vagrant Story, un jeu de rôle sorti en 2000 sur Playstation. « J’adore l’univers, j’adore le Character Designer – qui est aussi le Character Designer de Final Fantasy 12 ! Ce genre de tons, avec un côté un petit peu vieilli dans le style et le rendu des couleurs, j’aime beaucoup. »

« Plus récemment, le jeu qui me sert de leitmotiv c’est Overwatch ! C’est typiquement le genre de choses que j’aime dans le fond, mais aussi dans la forme. Graphiquement je trouve ça magnifique – c’est simple et efficace ». C’est d’ailleurs une approche qu’elle essaie d’appliquer dans ses créations : « Je m’entraîne de plus en plus à avoir des résultats rapidement. Avec quelques formes, quelques couleurs bien maîtrisées on peut suggérer assez rapidement une intention graphique, et je trouve que ça a beaucoup de charme. »

Partager ses connaissances grâce au mentorat chez Artline

Aujourd’hui, Déborah consacre une partie de son temps au mentorat d’apprenants à l’Institut Artline, poste qu’elle occupe depuis septembre 2021. « J’étais dans une période où j’avais commencé à chercher des moyens de devenir professeur. C’est quelque chose qui me plaisait parce que j’ai eu des stagiaires, et que j’ai pu former bénévolement des personnes de mon entourage - et j’ai aimé ça ! »

Ce qu’elle a apprécié dans la philosophie d’Artline, c’est la volonté de permettre à des professionnels de partager leur savoir, de façon parfois moins traditionnelle et académique. « On n’est pas encore dans l’ère du digital dans les concours de professeurs. Le traditionnel, c’est bien, c’est la base de tout – mais il faut avancer ! Un prof d’arts plastiques qui s’y connaît en digital painting, pourquoi pas ? »

Être mentor à Artline est également une vraie valeur ajoutée pour le développement personnel de l’artiste. « J’ai tellement progressé moi-même depuis que je suis à Artline ! J’ai revu tellement de bases, déjà, et le fait de les inculquer permet aussi de mieux mémoriser. J’ai acquis des choses que j’avais oubliées, ou que je connaissais sans vraiment savoir les expliquer de façon pédagogique. » Elle ajoute qu’être mentor lui a également beaucoup apporté sur le plan de la confiance en soi et de la timidité. L’expérience lui a déjà permis de tisser des liens qui perdurent : « J’ai encore beaucoup de contact avec les apprenants » confie-t-elle. « Ils me donnent des nouvelles, ils me montrent leurs travaux… Ils savent qu’ils pourront me contacter même après avoir quitté Artline ».

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© Deborah Ouelle

Être une femme dans le secteur des jeux vidéo – c’est compatible ?

À la question « être une femme dans le monde des jeux vidéo, c’est difficile ? », Déborah prend un temps de réflexion avant de répondre : « Je peux répondre à cette question, mais je ne l’ai pas vraiment expérimenté parce que, dès le début, j’ai fui le monde de l’entreprise. Parce qu’être une femme dans le monde de l’entreprise, tout court, ce n’est pas forcément évident ! » Elle explique qu’en choisissant de devenir freelance, elle s’est soustraite aux conditions parfois compliquées que subissent les femmes dans un secteur à dominance très masculine. En effet, si les femmes représentent plus de la moitié des joueurs de jeux vidéo en France, on ne compte que 22% de femmes dans les employés du secteur. Lorsque l’on s’intéresse uniquement aux chiffres concernant les métiers de conception et de technique en excluant les domaines du marketing et de la communication, cette part baisse à seulement 9 %.

© Deborah Ouelle

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« Je ne ressens pas ce mal, mais j’en ai entendu parler assez souvent. On me montre, on me prouve qu’effectivement il y a vrai un vrai problème à ce niveau-là. » Déborah ajoute « Je ne comprends pas pourquoi quand on postule à une offre on nous demande notre genre, par exemple ! Ce n’est peut-être pas de la stigmatisation, mais je n’en vois pas l’intérêt. » Elle dénonce aussi les situations de harcèlement, qui restent trop souvent sans sanctions : « Je ne dis pas que les femmes sont les seules victimes, mais on en entend trop souvent parler dans le secteur des jeux vidéo, et pas seulement. C’est assez généralisé. »

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3 conseils d’une Game Artist freelance

Nous avons demandé à Déborah quels conseils elle donnerait à une jeune femme qui souhaiterait se lancer dans ce secteur et faire son chemin dans le milieu des jeux vidéo.

Son premier conseil : se sensibiliser. Elle cite notamment le compte Instagram @afrogameuses, une association à but non lucratif qui œuvre pour plus de diversité et d’inclusivité dans l’industrie du gaming. Vous pouvez également découvrir le travail de Women in Games, une association de professionnel.le.s qui militent pour la mixité dans l’industrie du jeu vidéo en France.

Son deuxième conseil : faire ce qu’on aime. « Il ne faut pas changer pour qui que ce soit. Souvent, pour rentrer dans les clous, on va accepter des choses qui vont nous déprimer par la suite – et ça, ça ne vaut pas le coup. »

Son dernier conseil : tester plein de choses ! Elle met en avant l’importance de se créer de multiples expériences, de ne pas rester bloqué dans une situation mais au contraire de s’essayer à de nombreux domaines, productions et environnements différents pour développer de nouvelles références et compétences. « Surtout dans ces métiers-là », souligne-t-elle, faisant référence aux métiers créatifs qui font souvent appel à une grande palette de références et de connaissances.

 

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© Deborah Ouelle

Vous pouvez retrouver le travail de Déborah sur son site internet ou son compte Instagram !

 


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