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11 juin 2021

Un métier passionnant ou un métier de passion ?

La question est posée. C’est un cas d’école sur lequel les étudiants et les professionnels bûchent encore. Il n’y a clairement pas une seule réponse car chaque designer vient avec son passé, ses intentions et ses aspirations.

Pour autant, cassons de suite les idées reçues. C’est un métier formidable, mais en tant que tel, ce qui nous fait progresser et évoluer, ce n’est pas d’avoir été passionné avant de se lancer, ou même de l’être encore une fois devenu(e) professionnel(le), mais plutôt notre capacité à développer nos idées et à s’y tenir. Et c’est bien là que le métier devient passionnant.

Lorsque nous travaillons sur un projet, quel qu'il soit, il n’y a pas de recette à appliquer. Il n’y a pas de technique ou de truc. Il y a une demande client et un résultat à fournir. Et une infinité de possibilités entre les deux. C’est tout le charme des métiers créatifs. Le chemin à parcourir pour transformer une idée en résultat est transcendantal à proprement parler.

En faisant preuve d’écoute vis-à-vis de ses pairs et de ses clients, et en appréciant appréhender cet univers riche de possibilités, alors le métier peut devenir passionnant, car en quelques mots, tout est possible.

Faut-il donc être passionné pour rendre son métier passionnant ? A mon sens, non. Il suffit de savourer chaque étape du processus créatif et de se donner à plus que 100% pour se rendre fier de son travail. Ce n’est souvent qu’à cette condition que les résultats sont obtenus.

Un métier de l’infini

Mais alors, comment se rendre maître de ces innombrables possibilités ? Comment exploiter ce vide infinitésimal pour produire des contenus de qualité qui séduiront votre cible ?

Là encore, levons quelques doutes. Un logiciel ou un crayon ne vous rendront pas créatif. Cette affaire se passe entre vous et vous-même seulement. Il y a toujours un moyen d’arriver à ces fins.
Il faut penser en terme créatif et non pas en terme esthétique.

La création est un acte réfléchi qui a un but, une destination et une cible. Comment parler à cette cible ? Voilà la première bonne question à se poser. Le reste, libre à nous de s’en satisfaire.

Pour l’un de mes premiers projets en motion design, alors que j’étais encore en licence « Réalisation Multimédia », nous devions réaliser une vidéo publicitaire pour le Festival Ciné Junior. C’était un challenge car je ne connaissais pas After Effects, je dessinais relativement mal et le timing était serré. Mais j’ai apprécié cette expérience car en partant de rien, nous (car ce fut un travail de groupe) avons réussi à relever le défi. Nous avons commencé par poser nos idées, puis nous avons structuré notre récit. 

 

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Quelques plans tests ont été faits en stop motion et en croquis. Puis nous avons essayé diverses techniques pour sublimer le tout. Et à force d’expérimentations, nous en sommes venus à After Effects. Le logiciel nous a simplement permis de reproduire tout ce que nous avions réalisé sur papier avant. Je suis bien heureux de ne pas m’être, à l’époque, arrêté à ma capacité à décrypter ce logiciel.

Je dois ce travail à la puissance du travail d’équipe réalisé. Chacun y allait de ses idées et de ses intentions et personne ne savait trop par où commencer et comment rendre le tout présentable et de la meilleure qualité possible. Mais la créativité était là, c’est un fait.

Le stop motion fut réalisé de bric et de broc, les bruitages avec des écouteurs. Fait intéressant, nous avons notamment appris qu’une écouteur et un micro sont semblables, technologiquement parlant. Ce qui change, c’est la puissance délivrée/reçue. Nous avons donc enregistrer les bruitages avec des écouteurs, simplement en branchant ces derniers sur la prise micro de notre PC. Et ça a fonctionné ! Avec un peu d’effets ajoutés, les bruitages étaient conformes à nos attentes. Et c’est bien là qu’il faut stigmatiser l’acte créatif.

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Pas du tutoriel, pas de technique ou de recette toute faite, il n’y a que nous même face à cet océan de 1000 et une possibilités. Il ne faut pas se décourager mais à l’inverse profiter de cette richesse phénoménale et profiter du voyage en découvrant des choses inédites.

Pour ceux qui douteraient encore, n’oublions pas que les plus grands films n’ont pas été réalisés en 2021 avec des render farm dans tous les sens. Ils ont été faits à travers le temps, pas des hommes et des femmes créatifs qui exploitent tout ce qui les entouraient pour parvenir à leur fin. Ils n’avaient pas peur de jouer tout ce qui les entourait.

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Un métier transcendantal et cathartique

Oui, ce métier est profond et séduisant. Et c’est bien parce qu’il offre toute latitude pour faire de nos idées une réalité qu’il est cathartique. Il nous permet de nous vider, littéralement. Nos fantasmes, nos peurs et nos utopies peuvent devenir une réalité tangible, accessible et compréhensible. Les formes sont toutes aussi variées que les designers. 

Il n’est pas donné à tous les métiers d’offrir autant de possibilités. Pour peu qu’on s’en donne les moyens, tout est possible. L’adage qui dit que la seule limite à notre capacité créative est notre imagination est bien vraie et vérifiée. 

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Pour autant, cette lecture est à double sens. Bien que l’apport en maturité soit indéniable, cette dimension psychologique et comportementale doit aussi s’entendre vis-à-vis de la cible de notre travail. Il ne faut pas envisager l’acte créatif comme un acte unique et décoléré du reste.
Il faut anticiper le plus possible les réactions plausibles, probables et improbables. Il faut envisager des scénarios d’usage et des contextes de diffusion appropriés.

Cette dimension, très marquée chez les UX Designer, devient de plus en plus vraie chez tous les créatifs du fait de la transversalité de ces métiers. Il n’est pas rare que les travaux de groupes incluent plusieurs types de designers, et de cet échange naîtront des questionnements et des réponses insoupçonnées.

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Certains résument ça au métier d’ergonome. Mais je ne pense pas. Je pense qu’il s’agit avant tout d’un état d’esprit, d’une posture. N’importe qui peut travailler cette caractéristique, mais j’incline à croire que tous les métiers autour du design tendent à pousser cette caractéristique jusqu’à en faire une capacité qui sort du lot.

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Un métier accessible

Il ne fait plus aucun doute pour moi que le métier de designer graphique, ou même de designer, quel que soit son mode d’expression, est l’un des plus beaux métiers qui soient. Mais il n’est pas simple. Il requiert de la patience, de la persévérance et beaucoup de discipline, que ce soit dans la veille quotidienne ou l’exécution graphique.

Pour autant, comme tant d'autres disciplines, rien n’est figé. Tout peut s’apprendre à qui veut bien entendre. La passion n’est donc pas nécessairement un pré-requis, loin sans faux. Mais généralement, pour peu que l’acte créatif nous appelle, alors cette routine du créatif devient vite un plaisir. On se plonge corps et âme dans des découvertes qui repoussent tour à tour les limites de notre imagination. 

Si je ne devais retenir qu’une chose de ce métier, c’est qu’il ne souffre aucune limite. Il symbolise la vie à lui tout seul. Tout est devant nous, accessible. A nous de saisir cet environnement pour le sublimer. C’est en somme une quête de longue haleine qui nous aide à apprécier les choses de la vie, les objets du quotidien vue sous un autre angle, des paysages dans des positions inhabituelles. Peut-être est-ce à ce moment que l’amour pour la vie naît, et que par la même occasion, la passion vient en alliée nous rappeler quelle chance nous avons.

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